Alors...

Journal de bord d'un Auvergnat de 22 ans expédié au pays des glaçons pour étudier les cailloux... du moins en théorie.

lundi 21 septembre 2015

Transhumance

En six jours on a eu quelque chose d'extra-ordinaire: que du grand soleil. Et au mois de septembre il y a un évenement islandais à ne pas louper: le Réttir ("Ryéttèr").


Regardez-moi ce ciel bleu!

C'est une journée où les paysans vont rameuter tout les moutons qu'ils trouvent dans les montagnes grace à leurs chevaux et à leur quads, puis ils les mettent dans un grand enclos où il faut les trier. Et là la fête commence. Il faut tous les attraper un par un et regarder leur marquage à l'oreille pour savoir si c'est un mouton de son propre élevage et si oui il faut le mettre dans son enclos.

Ca dure bien deux-trois heures et les familles des fermiers sont au complet dans l'enclos pour choper les moutons. Les enfants font du rodéo c'est assez comique.

Enfin ça c'est la théorie. Alors pour aller voir ça j'ai loué une voiture pour samedi et j'ai planifié un trajet vers un Réttir à 2h de route au nord puis un arrêt par la plus ancienne construction humaine encore utilisée ici: le bain chaud exterieur de Snorri Sturlusson (Homme de pouvoir du XIIème et auteur de l'Edda entre autre...), on peut aller se baigner dedans comme on veut alors bon c'est tentant après une moutonnade comme ça.

Sauf que le réttir est finalement le dimanche... 

Tant pis pour samedi on ira au sud faire le Þórkötlustaðarétt  ("THo-aurkeutleustatharyétte") à Grindavík (Réttir de Þórkötlustaður, un lieu-dit) et je tiens à aller dans un "Hot Pot" naturel alors sur le site hotpoticeland.com je trouve celui de Skátalaug qui sera sur la route du retour le long d'un grand lac.

Sauf que samedi: tempête sur la péninsule des Reykjanes (là où on va), mais même pas peur, après avoir loué une petite Volkswagen Up et trouvé trois étudiants partant pour partager la location (Isabella la New-Yorkaise, Matilda la Finlandaise et Ferdinand le Bavarois) on part sans carte vers le sud!

Il faut savoir que conduire en Islande c'est particulier:

-Il y a trois types de routes:

Les goudronnées normales 
Les "Gravel Roads" qui ont un enrobé mais sont jonchées de nid de poules et de graviers (surement pour pas glisser lors de l'hiver à cause de grosses pentes je pense)
Les F-Roads, non-goudronnées, autorisées qu'au vrais 4x4.

-Les panneaux sont rares et sont surtout au niveau des embranchements, pas avant, il faut donc presque s'arrêter sur la route pour voir si c'est là qu'on veut tourner ou non.

-Il y a des panneaux accessoires sur des lieux-dit etc... mais minuscules... même en s'arrêtant on peut pas toujours les lire.

-Les limitations de vitesses sont de 50 en ville et 80 en campagne.

-Il y a peu de routes, il est pas facile de se perdre quand même.

-Si vous sortez de la route vous tombez dans un champs de roches volcaniques déchirées et très anguleuses: c'est la mort assurée de la voiture si ce n'est plus.


C'est la fac en arrière plan.

Nous on a pas peur, je conduis tout content de mon pot de yaourt et les bourasques de vent manquent de nous faire sortir de la route (alors je conduit au milieu...) Après 45min on arrive à Grindavík. Il fait 10°C, il pleut beaucoup et le vent est tel qu'on a vu un gamin qui arrivait pas à refermer la portière d'une voiture.


Le réttir est à 14h, il est 11h. On va chercher le lieu-dit pour s'assurer (Mais si! Celui avec le nom imprononçable!) et on tombe sur une grand-mère. On ouvre la fenêtre et je lui sors: 

"Góðan daginn, talarðu ensku?" (Bonjour, parles-tu anglais?) On tutoie en Islande.
Et pour la première fois en un mois on me sort:
"Nei!" (Non!)

Bon j'ai réussi à balbutier un truc pour savoir si le réttir était bien ici. Mais elle à cru que je cherchais le Netto (un magasin d'alimentation) et dès le début elle pensait qu'on cherchait la ville et qu'on était perdu.

Après cette discussion stérile on est allé au Netto et on a demandé où était le réttir, on nous a envoyé dans les montagnes où depuis la voiture on a vu les berger rameuter leur moutons. Mais toujours trop en avance on cherche de quoi s'occuper alors on va à l'unique musée:

LE MUSEE DU POISSON SALE!
(Avec un accent sur le "e" mais il est en majuscule)




C'est aussi nul que son nom peut l'indiquer... Ca parle de géologie, puis de la morue salée, puis il y a une exposition sur un type complètement taré qui à écrit des bouquins ("L'Aile du Cygne" je crois), et sculpté des statues phalliques...
A priori il écrivait là dessus...

Au final on mange dans la voiture et on va à l'enclos de tri au lieu-dit. Il y a quelques touristes courageux et on attend bien 30min sous un vent de fou avant que les moutons n'arrivent. Puis là on rigole bien, les moutons paniquent et crient, puis ils bêlent après être relâchés comme s'ils insultaient les fermiers. Les gamins font du rodéo en essayant de ne pas lâcher les bêtes, les moutons sautent par dessus leur congénaires... bref c'est assez comique. Malgré le temps j'essaye de changer l'objectif de mon appareil chargé en noir et blanc, je le fais plusieurs fois puis la pluie a eu raison de mes objectifs alors je les rentre. Après 45min on est congelé et mouillé et on décide de rentrer.




Direction la source d'eau chaude!

On traverse la péninsule et on prend la route 42. Elle passe à travers le parc national de Reykjanesfólkvangur.




On s'arrête vers le parc géothermal de Seltún, avec ses sources de boues souffrées à 80-100°C. C'est super mais le temps nous empêche de continuer, on regarde 5 min et on retourne dans la voiture. On s'arrête vers un lac bleu turquoise puis on arrive vers le grand lac de Kleifarvatn, et là c'est magique, les montagnes abruptes noires couvertes de mousses, le lac déchaîné, les plages noires, le brouillard, la pluie, le vent etc... c'était magique (bon la conduite est stressante quand même)


Seltun


On ne trouve pas la source et on continue. Puis un panneau indique de faire attention parce que la route devient une gravel-road... Quoi?! Mais j'ai un pot de yaourt moi! Ben ça impressionne, vous savez quand vous approchez d'une pente et que plus vous avancez, plus le fond se rapproche mais vous voyez pas encore la pente et vous vous demandez s'il y a un trou? Ben là je n'ai jamais vu une si grosse pente pour conduire. J'ai cru qu'on allait glisser au fond. Le vent nous balançait des vagues de gravier sur la voiture (et je n'avais pas pris l'assurance "gravier" en cas de vent sur les gravel roads évidemment), on finit par sortir vivant et arrivé vers Hafnarfjöður, toujours rien. On recherche sur le net et damned! C'était avant le grand lac, 25km plus tôt. On y retourne et je monte la pente immense de la gravel-road en première.


Le lac d'eau turquoise.

Arrivé vers le lieu on trouve pas, alors Ferdinand et moi on monte en courant vers un relief en hauteur. Le vent est tel en haut qu'on peut pas respirer s'il est de face et les gouttes font si mal qu'on peut pas ouvrir les yeux. C'est avec les bras devant les yeux qu'on arrive à redescendre, on est mouillé intégralement jusqu'aux plus internes couches de vêtements et on a pas trouvé la source. On abandonne et on rentre par la gravel-road. Mais on s'arrête à ma piscine préférée: Salalaug. On y a bullé plus d'une heure c'était super.

On est arrivé congelés et mouillés, la voix rauque, en éternuant. On est allé dans tout les bains chaud sous la pluie, les bains à bulles, le bain de vapeur, puis je les ai convaincu d'aller dans le bain à 5°C en montrant l'exemple, Ferdinand y est arrivé en entier, Isabella y a mis les jambes et est sortie en paniquant, et Matilda y a mis juste le bras.

On est rentré tout relaxés et embaumé de chaleur sèche qui dure plusieurs heures.

Le soir je vérifie où était cette source exactement... Bah à 200m de là où on est monté sur le relief pour la chercher. J'étais si dégoûté que je voulais y retourner la nuit tant que j'avais la voiture. Mais vu le temps là-bas j'ai repensé au français qu'ils ont retrouvé mort il y a pas longtemps alors qu'il habitait là depuis plus d'un an... Bah je suis allé mon consoler au Iceland (magasin ouvert 24/24) pour acheter des bonbons et du jus d'orange... en voiture!


En gris: là où on s'est garé.

Aujourd'hui pas de myhtologie (ya assez à lire non?) et je vais mettre des anecdotes:

-Les pompes à essences n'aime pas trop les cartes étrangères, un dimanche sans caissier c'est pas pratique...

-L'islandais moyen n'a jamais goûté de viande de lapin.

-Ici ce n'est pas choquant de manger du cheval, c'est moins cher.

-Les magasins Kostur importent tout des USA, j'ai passé une heure à halluciner devant les produits que je connaissais pas.


Dès que c'est français c'est classe!

Toujours plus!


-Les moutons et la morue salée sont une part très important de la culture du pays, j'ai eu 1h30 de cours là dessus.

-L'eurovision est très importante (comme dans toute la Scandinavie), alors pour finir notre cours sur les poissons on nous à mis la chanson de l'Islande de 2013. Juste pour meubler le temps qu'on quitte la salle.

-Une tradition encore très présente consiste à passer au moins un été en mer pour les garçons ou un été en conserverie pour les filles, afin d'être un vrai islandais.

-Les pulls en laine "Lopapeysur" sont très populaires et chers, mais la plupart sont tricotés en Chine avec de la laine d'Islande.

-Le cimetière est vraiment un gros mélange de tout les styles architecturaux du siècle et avec les arbres on y est très bien.


Mais Pamplemousse avait les chocottes.

-On met du sucre dans la purée...

-On mange salé au goûter.

et enfin:



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